Repéré pour vous

La revue de presse de la semaine
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Démocratie sous pression, fortunes hors de contrôle et société fragmentée au menu de la semaine

Milliardaires : l’oligarchie à visage découvert

Dans Alternatives Économiques, Christian Chavagneux résume l’alerte d’Oxfam sur la concentration accélérée des richesses et, surtout, sur ce qu’elle produit politiquement. Plus de 3 000 milliardaires détiennent une fortune cumulée de plus de 18 000 milliards de dollars, tandis que les 1 % les plus riches captent 44 % de la richesse mondiale. Cette accumulation n’est pas seulement un record économique, elle devient un levier d’influence sur les gouvernements et les médias au détriment des règles démocratiques. La France s’inscrit pleinement dans cette dynamique avec 53 milliardaires, une concentration médiatique extrême et des interventions directes dans le débat public, notamment sur la taxation des ultra-riches.
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Taxer les ultra-riches : quand les millionnaires sonnent l’alarme

Dans La Relève et la Peste, Eloi Boye raconte la lettre ouverte signée par près de 400 millionnaires et milliardaires de 24 pays à l’ouverture de Davos. L’initiative, portée par des réseaux comme Patriotic Millionaires et Millionaires for Humanity, revendique une hausse de la fiscalité sur les ultra-riches non au nom d’une rupture anticapitaliste, mais au nom de la survie démocratique. Les signataires affirment que l’extrême richesse se construit «aux dépens de tou·te·s les autres » et qu’elle alimente l’autoritarisme, notamment aux États-Unis. Un sondage cité indique que la majorité des millionnaires interrogés dans le G20 perçoit désormais l’hyper-richesse comme une menace directe pour la démocratie et l’intégrité des élections.
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Démocratie française : l’attachement demeure, la confiance s’effondre

Dans The Conversation, Nonna Mayer et Frédéric Gonthier décrivent une France entrée dans des turbulences démocratiques durables depuis la dissolution de 2024, la fragmentation parlementaire et la poussée de la droite radicale. Les auteurs insistent sur un paradoxe documenté par les enquêtes : les Français restent massivement attachés à la démocratie, mais jugent que le système actuel fonctionne mal et les exclut de la décision. Ce n’est pas une « fatigue démocratique par le bas », mais une usure « par le haut », nourrie par l’hypertrophie de l’exécutif, le contournement du Parlement, l’affaiblissement des corps intermédiaires et une répression plus visible des mobilisations. Face à ce verrouillage, les aspirations se déplacent vers des formes plus directes et délibératives de participation, révélant une culture démocratique exigeante autant qu’inassouvie.
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ICE : la police de l’immigration devenue outil politique

 Sur France Culture, l’émission Questions du soir revient sur la mort de Renee Nicole Good à Minneapolis, tuée par un agent de l’ICE alors qu’elle s’opposait à une intervention. Au-delà du drame, le sujet éclaire la mutation d’une police fédérale de l’immigration de plus en plus militarisée, protégée politiquement et déployée loin des frontières, au cœur des villes. La discussion souligne une logique d’impunité assumée, renforcée par le démantèlement des dispositifs de supervision des droits civiques et par l’octroi de moyens financiers considérables aux agences de sécurité. La politique anti-migrants est aussi décrite comme un marché, la « logistique de la déportation » profitant largement aux prisons privées, dans un système où la force normalisée contre les migrants finit par redéfinir la police américaine elle-même.
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Trains « no kids » : le calme comme nouvelle frontière sociale

 Dans Reporterre, l’annonce d’un espace « calme » réservé aux plus de 12 ans dans une offre premium de la SNCF est vu comme le révélateur d’une question plus large : quelle place accorde-t-on aux enfants dans l’espace public. Présentée comme marginale, la mesure s’inscrit pourtant dans une dynamique de stigmatisation des familles, accentuée par le manque d’aménagements réellement pensés pour elles et par la pression sociale pesant sur les parents. L’article montre aussi comment cette segmentation « au confort » se combine à une stratégie tarifaire de plus en plus agressive, où chaque gamme vise à faire payer le maximum selon le profil du voyageur. Au final, le risque est double : réduire symboliquement la légitimité des enfants à voyager et transformer, concrètement, le train en luxe pour les familles.
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