Repéré pour vous

La revue de presse de la semaine
Repéré pour vous

Polluants éternels, crises invisibles, longévité à deux vitesses et universités au bord de la rupture au menu de la semaine

PFAS : l’addition européenne et le scandale du report

Dans Le Monde, Stéphane Horel et Raphaëlle Aubert s’appuient sur une étude commandée par la Commission européenne pour chiffrer le coût de la pollution aux PFAS dans l’Espace économique européen d’ici à 2050. Selon les scénarios, la facture oscille entre 330 et 1 700 milliards d’euros, avec une logique implacable : plus la régulation tarde, plus la dépollution et les coûts sanitaires deviennent une dépense publique durable. L’article rappelle que l’évaluation reste partielle, limitée à quelques molécules alors que la famille des PFAS en compte des milliers, ce qui renforce l’idée d’un coût sous-estimé. En arrière-plan, la bataille politique se cristallise sur le principe du pollueur-payeur et sur la capacité de l’UE à tenir face aux offensives de lobbying.
 Lire l’article 

Crises humanitaires : quand le climat disparaît des radars

Dans Reporterre, Eva Samaddar relaie un rapport de l’ONG Care sur dix crises humanitaires majeures largement sous-couvertes en 2025, toutes aggravées par le changement climatique. Sécheresses, inondations, pénuries d’eau et insécurité alimentaire s’entremêlent, frappant les sociétés par l’agriculture, l’école, la santé et les infrastructures, avec une vulnérabilité accrue pour les femmes. Le texte met en lumière un mécanisme politique autant que médiatique : moins de visibilité signifie moins de financements, ce qui prolonge les crises et les rend encore moins « attractives » pour l’attention internationale. À ce cercle vicieux s’ajoutent des coupes dans l’aide humanitaire, qui creusent l’écart entre besoins et réponses au moment où les impacts climatiques s’installent dans la durée.
 Lire l’article 

Longévité : l’Europe se coupe en deux

The Conversation décrit une Europe occidentale où l’espérance de vie continue de progresser dans les régions pionnières, sans signe de plafond biologique. Mais depuis le milieu des années 2000, la convergence recule : des territoires stagnent, voire décrochent, tandis que d’autres continuent d’avancer. Le décrochage s’opère surtout entre 55 et 74 ans, autour de 65 ans, notamment dans l’est de l’Allemagne, la Wallonie en Belgique, certaines régions du Royaume-Uni et, en France, chez les hommes des Hauts-de-France, où la stagnation ou la remontée de la mortalité suffit à enrayer les progrès de l’espérance de vie. L’article insiste sur ce que ces cartes disent des inégalités : la longévité n’est pas seulement une affaire de médecine, elle dépend aussi de la structure économique des territoires, des conditions de vie et des fractures sociales ravivées après 2008.
 Lire l’article

Déni climatique : la mécanique des réseaux mise à nu

Dans Vert, Théo Mouraby présente la cartographie réalisée par le journaliste indépendant Jules Xenard, qui recense 140 acteurs diffusant ou relayant des narratifs contraires au consensus scientifique sur le réchauffement climatique. L’intérêt n’est pas seulement de nommer, mais de montrer les circulations : mêmes arguments, mêmes passerelles, mêmes invités qui transitent entre médias audiovisuels, réseaux complotistes, sphères réactionnaires et milieux libertariens. L’outil se veut un guide de lecture pour repérer les stratégies de banalisation et les « hubs » de diffusion, au moment où la désinformation climatique devient un objet politique à part entière. En filigrane, c’est la question de la responsabilité médiatique et de la fabrication de la confusion qui se trouve posée, dans un paysage où l’audience peut primer sur la rigueur.
 Lire l’article

Universités : le déficit comme nouvelle norme

Dans Alternatives Économiques, Malika Butzbach raconte une bascule budgétaire qui s’annonce massive : presque toutes les universités françaises pourraient présenter un budget déficitaire en 2026, conséquence d’un sous-financement chronique et de charges décidées par l’État sans compensation. Le reportage détaille un système où l’égalité d’accès aux études se heurte à des arbitrages concrets : fermetures de places en licence, dégradation de l’encadrement, gels de recrutement, et formations fragilisées. À ces tensions s’ajoutent des inégalités de dotation par étudiant, décrites comme opaques, qui organisent une hiérarchie silencieuse entre établissements. Les « assises » promises sur le financement apparaissent alors comme un test politique : diagnostic partagé ou simple dispositif de gestion de la pénurie.
 Lire l’article

Notre site est accessible, sans abonnement, sans mur payant, sans publicité, parce que nous voulons que tous ceux qui le souhaitent puissent lire et partager nos articles.

Mais ce choix a une contrepartie : sans vos dons, déductibles des impôts, Le Nouveau Paradigme ne peut pas exister.

Nous dépendons donc exclusivement du soutien de nos lectrices et lecteurs.

Je fais un don pour LNP

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Back To Top