Démocratie, inégalités et destruction du vivant au programme de la semaine
Des millionnaires sans impôt sur le revenu
La Relève et La Peste révèle, à partir d’une note de Bercy confirmée par des responsables de la commission des finances du Sénat, que des milliers de foyers disposant d’un patrimoine immobilier élevé ne paient aucun impôt sur le revenu. Plus la richesse augmente, plus la proportion de contribuables échappant à l’impôt progresse, grâce aux exonérations et aux montages juridiques. Cette situation interroge frontalement le principe d’égalité devant l’impôt et la capacité de l’État à financer ses politiques publiques. Elle éclaire aussi un déséquilibre plus large : des règles fiscales qui laissent aux plus fortunés une marge d’optimisation inaccessible au reste de la population.
Antifascisme : la bataille des mots
Basta!, à travers un entretien avec l’historienne Stéfanie Prezioso, analyse les réactions politiques après la mort de Quentin Deranque à Lyon. L’enquête judiciaire est en cours, mais une partie du débat public tend à placer fascisme et antifascisme sur le même plan. L’historienne rappelle que, dans l’histoire, le fascisme fait de la violence un principe constitutif, alors que l’antifascisme s’est construit comme une défense des droits et de l’égalité. La diabolisation actuelle s’inscrit dans une stratégie d’inversion des valeurs et dans une bataille culturelle plus large. Au-delà du drame, c’est la définition même des repères démocratiques qui se trouve disputée.
Face à Trump, entre dialogue et rapport de force
Dans The Conversation, Maxime Lefebvre analyse la méthode diplomatique de Donald Trump, fondée sur la pression, la mise en scène et la négociation brutale. Menaces tarifaires, déclarations provocatrices, coups de force symboliques : la stratégie consiste à créer un choc initial, puis à ajuster en fonction des réactions. L’auteur relève toutefois deux limites, une réticence aux engagements militaires prolongés et un pragmatisme qui conduit à reculer lorsque le coût politique ou économique devient trop élevé. Les partenaires, notamment européens, cherchent donc un équilibre entre coopération, fermeté et préservation des alliances. Cette séquence teste la solidité du droit international et des équilibres multilatéraux.
Biodiversité : une dépendance économique ignorée
Vert s’appuie sur le onzième rapport mondial de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (l’IPBES, souvent surnommée le «Giec de la biodiversité») pour montrer que l’érosion du vivant menace directement l’économie. Les entreprises dépendent de services écologiques essentiels, comme la fertilité des sols, l’eau ou la pollinisation, sans en intégrer réellement la valeur. Tant que les règles rendent plus rentable la destruction que la préservation, les alertes resteront sans effet structurel.
Inondations : les limites d’un modèle d’aménagement
Reporterre donne la parole à l’hydrologue Charlène Descollonges, qui rappelle que les crues actuelles ne relèvent pas seulement d’un aléa climatique. L’intensité des pluies augmente avec le réchauffement, mais l’ampleur des dégâts tient aussi à des décennies d’artificialisation. Drainage des terres agricoles, disparition des haies, rectification des rivières, suppression des zones humides, bétonisation des villes : autant de décisions qui empêchent l’eau de s’infiltrer et la font converger trop vite vers l’aval. Les digues et bassins de rétention traitent les effets sans corriger ces déséquilibres. Elle défend une approche territoriale visant à restaurer la capacité des sols et des paysages à retenir l’eau.
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