Repéré pour vous

La revue de presse de la semaine
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Saumons hors-sol, espèces invasives, paris sur la guerre, refuges climatiques et résistances solidaires au menu de la semaine

Saumon hors-sol : l’océan en usine

 En Gironde, Pure Salmon, firme aquacole basée aux Émirats arabes unis, veut installer d’ici 2030 une ferme à saumons en cuves et en circuit fermé, vendue comme une réponse à l’importation massive et aux dégâts de l’élevage en mer. Reporterre raconte ce que cette promesse de « biosécurité » dissimule : une technologie lourde, énergivore, sensible au moindre incident et des mortalités massives déjà observées dans des fermes similaires à l’étranger. Au-delà du bien-être animal, l’article pointe les angles morts du projet : dépendance à l’alimentation issue de ressources marines, rejets d’effluents, tensions avec la pêche et la conchyliculture, et bras de fer politique local entre emplois annoncés et protection de l’estuaire. Une illustration de cette écologie industrielle qui prétend corriger les dégâts du système sans jamais remettre en cause l’hyperconsommation qui les produit.
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Fourmis de compagnie : l’invasion en colis postal

 Vert évoque un part d’un hobby en apparence anodin — élever des fourmis — pour dévoiler un commerce mondialisé qui s’est professionnalisé à grande vitesse, porté par les réseaux sociaux et la vente en ligne. Le texte décrit une chaîne d’approvisionnement structurée, des échanges entre revendeurs, des prix qui s’envolent pour les espèces rares, et surtout un risque central : la surreprésentation d’espèces invasives, choisies parce qu’elles voyagent bien et s’adaptent vite. L’alerte dépasse la myrmécologie : elle vise un modèle de circulation du vivant traité comme une marchandise expédiable, alors même que ses « accidents » ( évasions, lâchers, acclimatation) sont difficiles à tracer et presque impossibles à réparer.

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Marchés prédictifs : spéculer sur la guerre

The Conversation décrit la montée en puissance des marchés prédictifs : non pas de simples paris, mais des contrats achetés et revendus, dont le prix agrège une « probabilité » collective. Le texte montre comment les versions décentralisées, dopées aux cryptomonnaies, contournent les frontières réglementaires et ouvrent la porte à des mises sur des sujets géopolitiques sensibles, jusqu’aux avancées militaires en Ukraine. Mais la promesse d’un outil « objectif » se fissure au moment décisif : la résolution dépend d’« oracles » et d’arbitrages humains, donc de critères contestables, d’ambiguïtés et de manipulations. Derrière la fascination pour l’intelligence collective, une question politique brute : quand la réalité devient un actif spéculatif, c’est aussi notre rapport à l’information et à l’empathie qui se dérègle.

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Patagonie : le refuge climatique des puissants

La Relève et la Peste raconte comment la Patagonie s’impose comme« refuge climatique » pour une clientèle fortunée en quête d’eau, d’espace et d’isolement, avec une flambée du foncier et une concurrence accrue sur les terres « stratégiques ». Mais l’article casse l’image du sanctuaire : variabilité climatique appelée à s’intensifier, sols souvent peu fertiles, autonomie alimentaire loin d’être garantie. Le cœur du sujet est ailleurs, dans l’inégalité face à la crise, quand certains transforment la nature en assurance privée et achètent la promesse d’un futur habitable. Une mise en lumière de cette adaptation par la fuite qui privatise les ressources au lieu d’organiser la solidarité et la résilience collective.
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Fact-checking : un rempart fragile mais réel contre la désinformation

Dans un entretien au Monde, l’économiste Julia Cagé revient sur une étude menée avec plusieurs chercheurs à partir du travail d’AFP Factuel, qui mesure l’impact réel du fact-checking sur la circulation des fausses informations. Les résultats montrent un effet moyen modeste mais bien réel, renforcé lorsque la vérification est rapide, claire et apposée sans ambiguïté. L’entretien éclaire aussi les limites structurelles du dispositif : dépendance aux plateformes, manque d’outils fournis par les réseaux sociaux, et attaques politiques croissantes contre les vérificateurs. À l’heure où Meta remet en cause ces partenariats, le fact-checking apparaît moins comme une censure que comme un outil imparfait, mais indispensable, de régulation démocratique de l’espace informationnel.

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