Trump : ces affaires qui auraient pu le faire tomber
Enrichissement familial, diplomatie privée, projet immobilier à Gaza, promesses électorales et grâces controversées : Donald Trump accumule les affaires sans que son pouvoir semble durablement ébranlé. À l’approche des élections de mi-mandat, LNP vous propose une plongée en trois volets dans la manière de gouverner de l’homme le plus puissant du monde.
Dossier LNP – Spécial Trump à l’épreuve des « Midterms » (1/3)
Le 8 août 1974, Richard Nixon annonce sa démission à la télévision américaine. Deux ans plus tôt, cinq hommes ont été arrêtés après s’être introduits dans les locaux du Parti démocrate, dans l’immeuble du Watergate. L’enquête a progressivement révélé un système d’espionnage politique, de dissimulation et d’entrave à la justice impliquant l’entourage du président. Lorsque les preuves deviennent accablantes, ses derniers soutiens républicains l’abandonnent. Nixon préfère partir plutôt que d’affronter une procédure d’impeachment, qui permet au Congrès de mettre en accusation puis, éventuellement, de destituer le président.
Vingt-quatre ans plus tard, Bill Clinton manque à son tour de perdre la présidence. Non pas simplement pour avoir entretenu une relation sexuelle avec Monica Lewinsky, alors stagiaire à la Maison Blanche, mais pour avoir été accusé de parjure et d’entrave à la justice dans cette affaire. La Chambre des représentants vote son impeachment en décembre 1998. Le Sénat l’acquitte deux mois plus tard.

Et puis il y a Donald Trump. Deux fois mis en accusation par la Chambre des représentants, notamment après l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, deux fois acquitté par le Sénat, il a retrouvé la Maison-Blanche en janvier 2025. Depuis, les controverses se multiplient : enrichissement familial, conflits d’intérêts, relations financières avec des puissances étrangères, usage controversé des prérogatives présidentielles.
Toutes ces affaires ne constituent pas des infractions. Mais leur accumulation pose une question politique majeure : comment des pratiques qui auraient autrefois provoqué de graves crises nationales peuvent-elles désormais se succéder sans véritablement menacer le pouvoir ?
Une famille présidentielle qui gagne des milliards
Pour comprendre ce qui distingue la présidence Trump, il faut commencer par l’argent. Et par un chiffre : 2,3 milliards de dollars. C’est le montant des gains que le clan Trump aurait tirés de ses principales activités dans les cryptomonnaies entre le milieu de l’année 2024 et avril 2026, selon les calculs de Reuters. Dans le même temps, les investisseurs extérieurs auraient enregistré collectivement des pertes nettes d’un montant comparable (1).
Comment expliquer un tel contraste ? La famille Trump tire notamment des revenus de la vente de jetons numériques et des commissions liées à leur commercialisation. Les investisseurs, eux, achètent ces actifs en espérant les revendre plus cher. Mais lorsque leur valeur s’effondre, ils perdent de l’argent, tandis que les revenus déjà perçus par les entreprises familiales restent acquis. Une partie des pertes calculées par Reuters correspond toutefois à des jetons qui n’avaient pas encore été revendus.
L’entreprise de cryptomonnaies World Liberty Financial aurait ainsi généré plus de 1,4 milliard de dollars de gains estimés pour la dynastie Trump, tandis que le jeton spéculatif $TRUMP lui aurait rapporté quelque 616 millions. Ces montants ne correspondent pas nécessairement à des sommes intégralement encaissées.
Mais le problème dépasse la spéculation. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump dirige également une administration qui intervient dans la réglementation des cryptomonnaies. Sa famille bénéficie donc d’activités dont les perspectives dépendent en partie des décisions du pouvoir fédéral.
La Maison-Blanche conteste tout conflit d’intérêts et assure que les affaires familiales sont séparées des responsabilités présidentielles. Le droit américain présente toutefois une particularité : le président et le vice-président ne sont pas soumis à certaines règles pénales sur les conflits d’intérêts applicables aux autres responsables fédéraux.
Trump n’a pas créé cette exception. Mais l’ampleur des activités commerciales associées à sa présidence lui donne une dimension particulière.
Des monarchies du Golfe aux affaires des Trump
Les cryptomonnaies ne sont qu’une partie des activités familiales. En Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis ou à Oman, les projets immobiliers associés à la marque Trump se multiplient : hôtels de luxe, résidences, tours et terrains de golf.
Certains reposent sur des accords de licence, par lesquels des promoteurs rémunèrent la Trump Organization pour utiliser son nom. D’autres impliquent des partenaires proches des gouvernements locaux. En mai 2025, Le Monde détaillait cette expansion au moment même où Trump effectuait une tournée diplomatique dans la région (2).
Le cas des Émirats est particulièrement révélateur. Des investisseurs liés à Abou Dhabi ont engagé des centaines de millions de dollars dans World Liberty Financial. Parallèlement, une société soutenue par l’émirat a utilisé le stablecoin USD1, associé à cette entreprise, pour une transaction de 2 milliards de dollars. Un stablecoin est une cryptomonnaie conçue pour conserver une valeur stable, généralement par référence au dollar.

Dans le même temps, Washington négociait avec les Émirats l’exportation de puissantes puces électroniques américaines destinées à l’intelligence artificielle. Rien ne démontre qu’une décision diplomatique aurait été achetée. Les entreprises concernées et l’administration nient toute contrepartie illégitime. Mais comment garantir qu’un gouvernement étranger n’espère pas améliorer ses relations avec Washington en investissant dans des entreprises liées à la famille présidentielle ?
Le Qatar a également suscité une controverse en proposant un Boeing 747 de luxe destiné à un usage présidentiel. L’opération a soulevé des questions constitutionnelles et de sécurité, notamment sur les cadeaux provenant de puissances étrangères. La frontière entre relations diplomatiques et intérêts privés devient particulièrement difficile à tracer lorsque les mêmes États négocient avec le président et entretiennent des relations commerciales avec sa famille.
Jared Kushner ou la diplomatie en famille
Jared Kushner n’est pas diplomate de carrière. Promoteur immobilier et investisseur, il est surtout le gendre de Donald Trump. Pendant le premier mandat, il avait été nommé conseiller à la Maison-Blanche et chargé de dossiers diplomatiques majeurs au Moyen-Orient.
Après le départ de Trump en 2021, il a créé Affinity Partners, un fonds d’investissement ayant reçu un engagement de 2 milliards de dollars du fonds souverain saoudien. L’opération a suscité des critiques, notamment parce que Kushner entretenait des relations privilégiées avec le prince héritier Mohammed ben Salmane lorsqu’il travaillait pour le gouvernement américain (3). Cet investissement ne prouve aucune contrepartie illégale. Il illustre néanmoins la difficulté de distinguer les relations construites au service de l’État de celles exploitées ensuite dans des activités privées.

Depuis le retour de Trump au pouvoir, Kushner intervient de nouveau dans les discussions internationales, aux côtés de Steve Witkoff, autre homme d’affaires issu de l’immobilier devenu envoyé spécial du président.
En mai 2026, Reuters décrivait l’affaiblissement des circuits diplomatiques traditionnels au profit de ce cercle restreint. Les deux hommes participent aux négociations concernant l’Ukraine, Gaza ou l’Iran, tandis que les services spécialisés du département d’État ont perdu une partie de leur influence (4).
Tous les présidents américains ont utilisé des émissaires personnels. Mais cette pratique soulève des interrogations supplémentaires lorsque les personnes concernées entretiennent parallèlement des intérêts financiers dans les régions où elles interviennent.
Gaza : une Riviera sur les ruines
En février 2025, Trump annonce vouloir prendre le contrôle de la bande de Gaza et len faire la Riviera du Moyen-Orient. Le territoire palestinien est alors ravagé par la guerre, ses infrastructures largement détruites et sa population confrontée à une catastrophe humanitaire.
Quelques mois plus tard, le Washington Post révèle un document de 38 pages baptisé GREAT Trust. Ce projet privé, circulant dans l’entourage de l’administration, envisage une tutelle américaine d’au moins dix ans et la transformation de Gaza en destination touristique et centre économique (5).
Le sort des habitants occupe une place singulière dans cette vision. Le document prévoit leur relogement à l’intérieur du territoire ou leur départ vers d’autres pays, présenté comme volontaire. Chaque Palestinien acceptant de partir pourrait recevoir 5 000 dollars et des aides complémentaires. Les droits fonciers seraient transformés en jetons numériques échangeables contre des compensations ou de futurs logements.

Le projet envisage 100 milliards de dollars d’investissements et un rendement cumulé proche de quatre fois cette somme sur dix ans. Il chiffre même les économies réalisables grâce au départ des habitants : 23 000 dollars par personne, comparativement à leur hébergement pendant les travaux.
Ce document n’était pas, lors de sa révélation, un programme officiellement adopté. Mais le 22 janvier 2026, au Forum économique mondial de Davos, Jared Kushner a présenté un autre plan de reconstruction comprenant tours résidentielles, hôtels, infrastructures technologiques, port et aéroport (6). Les promoteurs promettent emplois, logements et développement économique. Mais qui conserverait la propriété des terrains ? Quels habitants pourraient revenir ? Qui bénéficierait des contrats ? Et quelle place les Palestiniens auraient-ils dans les décisions concernant leur territoire ?
La reconstruction de Gaza est indispensable. Rien ne prouve que Trump ou Kushner bénéficieront personnellement de ces projets. En revanche, leur approche, fondée sur la valorisation foncière et le rendement financier, illustre la place prise par les raisonnements immobiliers dans la diplomatie américaine.
Cinq mille dollars si les républicains gagnent
Le 9 septembre 2026, devant la convention républicaine réunie à Dallas, Trump promet un chèque de 5 000 dollars à chaque citoyen américain majeur si son parti conserve les deux chambres du Congrès aux élections de mi-mandat du 3 novembre.
Un rappel institutionnel s’impose. Le Congrès est l’équivalent, dans ses grandes fonctions, du Parlement français. Il comprend la Chambre des représentants, composée de 435 élus renouvelés tous les deux ans, et le Sénat, dont les 100 membres disposent de mandats de six ans. Ensemble, ils votent les lois et les dépenses fédérales. Le Sénat confirme également certaines nominations présidentielles. Les élections de mi-mandat, ou midterms, peuvent donc retirer au président sa majorité parlementaire sans mettre fin à son mandat. C’est précisément ce que Trump cherche à éviter.
Selon FactCheck.org, la distribution promise coûterait environ 1 200 milliards de dollars, très au-delà des recettes douanières invoquées pour la financer. Aucun dispositif budgétaire complet n’a été présenté et le Congrès devrait autoriser une telle dépense (7). La promesse n’est pas automatiquement illégale. Les candidats proposent régulièrement des mesures financières aux électeurs. Mais sa formulation est particulièrement directe : « Si vous donnez à mon parti le contrôle du Congrès, vous recevrez de l’argent. »
L’argent public devient ainsi un argument électoral personnalisé, alors que le président cherche à conserver les majorités nécessaires pour gouverner sans opposition parlementaire.
Le pouvoir de grâce, entre justice et fidélité politique
Le 20 janvier 2025, quelques heures après son investiture, Trump accorde des grâces et des commutations de peine à plus de 1 500 personnes poursuivies ou condamnées pour leur participation aux événements du 6 janvier 2021. Parmi elles figurent des individus condamnés pour des violences contre les policiers et des responsables de groupes extrémistes reconnus coupables de complot séditieux.
Le président présente ces décisions comme une réparation d’injustices. Mais leur portée politique est considérable : des personnes ayant participé à une attaque contre le Congrès, destinée à empêcher la certification de sa défaite électorale, bénéficient désormais de sa clémence.

Le pouvoir de grâce présidentiel est très étendu pour les infractions fédérales. Son utilisation a déjà suscité des controverses sous Bill Clinton et Joe Biden. Mais une enquête de Reuters publiée le 13 octobre 2026 relève une caractéristique particulière de la politique actuelle : au moins 85 responsables publics poursuivis ou condamnés dans des affaires de corruption ou d’infractions apparentées ont bénéficié de mesures de clémence. Plus des deux tiers étaient républicains ou soutiens déclarés du mouvement MAGA (8).
L’administration affirme corriger des poursuites injustes ou politiquement motivées. Reuters souligne néanmoins que les procédures habituelles d’examen des demandes de grâce ont été largement contournées. Le cas de Changpeng Zhao, fondateur de Binance, est particulièrement sensible. Gracié en octobre 2025 après avoir purgé une peine de prison pour des violations de la réglementation contre le blanchiment, il dirigeait une entreprise ayant entretenu des relations commerciales avec l’écosystème crypto associé à la famille Trump (9).
Ces relations ne démontrent aucune contrepartie illégale. Mais elles interrogent l’utilisation d’une prérogative publique dans un environnement où intérêts économiques et fidélités politiques se croisent régulièrement.
Les grandes entreprises au chevet des projets présidentiels
333 millions de dollars : c’est le montant des dons et des engagements de dons privés recensés par le Washington Post, le 15 octobre 2026, pour financer la nouvelle salle de bal voulue par Trump à la Maison-Blanche. Parmi les contributeurs figurent Apple, Nvidia, de grandes entreprises concernées par des contrats fédéraux et de riches particuliers. Certains engagements atteignent 25 millions de dollars. Au moins 77 millions proviennent de donateurs ayant demandé l’anonymat (10).
La Maison-Blanche défend ce financement privé, censé éviter une dépense aux contribuables. Des fonds publics ont toutefois également été mobilisés pour certains travaux liés au projet. Pourquoi des entreprises dépendant de décisions réglementaires ou contractuelles du gouvernement investissent-elles autant dans une réalisation voulue personnellement par le président ?
Le journal relève qu’une donatrice avait promis 2,5 millions de dollars avant que son père, un banquier international, bénéficie d’une grâce. Cette chronologie illustre les interrogations que suscite l’opacité entourant les contributeurs.
Mais lorsque de grandes fortunes financent les projets d’un président, comment garantir qu’elles ne recherchent pas un traitement privilégié ?
Une présidence qui repousse les limites de ses pouvoirs
L’exercice controversé du pouvoir présidentiel dépasse les affaires financières. En 2026, l’administration Trump a engagé des opérations militaires majeures contre l’Iran sans autorisation préalable spécifique du Congrès. Or, la Constitution américaine confie à ce dernier le pouvoir de déclarer la guerre, tandis que le président commande les forces armées.
Cette répartition a souvent suscité des conflits, comment durant la guerre du Vietnam et après les attentats du 11 septembre 2001. Les présidents disposent d’une marge de manœuvre militaire, mais son étendue reste débattue.
Début mars, Reuters rapportait que, selon deux sources informées d’une réunion au Congrès, des responsables du Pentagone avaient indiqué ne pas disposer de renseignements établissant que l’Iran était sur le point d’attaquer les forces américaines. Cela ne tranche pas toutes les questions de justification ou de légalité, mais renforce les interrogations sur le contrôle parlementaire des opérations (11).
Le précédent de l’affaire Iran-Contra, sous Ronald Reagan, rappelle les enjeux. Dans les années 1980, des responsables de son administration avaient organisé des ventes d’armes à l’Iran et utilisé une partie des fonds pour soutenir les Contras au Nicaragua, en contournant des restrictions votées par le Congrès. Le scandale avait provoqué de vastes enquêtes parlementaires et judiciaires.
Quand les scandales ne suffisent plus
Toutes ces affaires n’ont pas la même gravité. Certaines relèvent de conflits d’intérêts potentiels, d’autres de décisions politiques contestées ou de soupçons qui exigeraient des investigations supplémentaires. Les présenter comme autant de crimes établis serait inexact. Mais leur accumulation révèle une transformation du rapport entre pouvoir et responsabilité.
Un président peut voir sa famille réaliser des profits considérables dans un secteur réglementé par son administration, entretenir des relations commerciales avec des puissances étrangères, confier des missions diplomatiques à des proches investisseurs, envisager une transformation immobilière de Gaza et accorder des grâces à des personnalités issues de réseaux politiques ou économiques proches des siens. Il peut aussi promettre des milliers de dollars aux citoyens à condition que son parti conserve le Congrès, tout en revendiquant une grande liberté d’action face aux représentants élus.
Chaque affaire provoque des réactions, des enquêtes et parfois des recours. Mais leur succession semble empêcher qu’une seule occupe durablement le débat national.
En 1974, Nixon n’a pas seulement été contraint de partir parce que les preuves s’accumulaient. Il a dû démissionner parce que des parlementaires de son propre parti ont fini par considérer qu’ils ne pouvaient plus le soutenir.
La Constitution américaine permet toujours à la Chambre des représentants de voter une mise en accusation du président, l’impeachment. Le Sénat peut ensuite le destituer à la majorité des deux tiers. Mais ces mécanismes dépendent de la volonté politique des élus.
À l’approche des élections de mi-mandat, les républicains contrôlent toujours les deux chambres. Une victoire démocrate à la Chambre pourrait ouvrir la voie à des enquêtes sur les intérêts financiers de la famille Trump, les investissements étrangers et les décisions de son administration.
Derrière cette succession d’affaires se dessine donc deux questions fondamentales : comment un homme peut-il exercer un tel pouvoir sur le plan fédéral et pourquoi les institutions d’une démocratie conçue pour empêcher la concentration du pouvoir ont-elles tant de difficultés à contrôler celui qui l’exerce ? C’est ce que nous examinerons dans le deuxième volet de notre enquête.
(Photo du haut signée Daniel Torok, Executive Office of the President of the United States)
Notes
(1) Reuters, 9 juin 2026, « Parsing the Trumps’ crypto profits, investors’ losses ».
(2) Le Monde, 12 mai 2025, « Les bonnes affaires de la famille Trump dans le golfe Arabo-Persique ».
(3) Reuters, 4 octobre 2024, « Kushner has discussed US-Saudi diplomacy with Saudi crown prince ».
(4) Reuters, 21 mai 2026, « Inside the unraveling of U.S. diplomacy under Trump ».
(5) The Washington Post, 31 août 2025, « Gaza postwar plan envisions ‘voluntary’ relocation of entire population ».
(6) Reuters, 22 janvier 2026, « US pitches ‘New Gaza’ development plan ».
(7) FactCheck.org, 10 septembre 2026, « FactChecking Trump’s Midterm Convention Speech ».
(8) Reuters, 13 octobre 2026, « In Trump’s pardons for public officials, Republicans win most of the mercy ».
(9) Le Monde, 24 octobre 2025, « Donald Trump multiplie les grâces pour ses alliés en affaires et ses soutiens politiques ».
(10) The Washington Post, 15 octobre 2026, « Secret documents reveal donors behind $330 million for Trump’s ballroom ».
(11) Reuters, 2 mars 2026, « Pentagon tells Congress no sign that Iran was going to attack US first ».
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