Flexisécurité, canicule, milliardaires, Russie… au menu de cette semaine
La chaleur, une bombe sanitaire sous-estimée
Dans un entretien accordé à Vert, l’épidémiologiste Kévin Jean rappelle que les canicules ne sont pas seulement des événements météorologiques, mais des crises sanitaires majeures. Les fortes chaleurs fragilisent l’ensemble de l’organisme, aggravent les maladies cardiovasculaires, perturbent la santé mentale et accentuent les inégalités sociales face au logement ou aux soins. Il souligne surtout l’écart entre les discours publics et la réalité des politiques menées : malgré les milliers de morts liés aux canicules, les investissements structurels restent insuffisants et certaines agences publiques voient même leurs moyens remis en cause. Une démonstration supplémentaire que l’adaptation climatique reste traitée comme une gestion de crise ponctuelle plutôt qu’un enjeu de transformation collective.
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Une agriculture déjà débordée par la canicule de mai
Alors que la France connaît une vague de chaleur inédite pour un mois de mai,Reporterre montre combien le monde agricole avance désormais à vue face au chaos climatique. Les chercheurs de l’Inrae reconnaissent eux-mêmes manquer de recul pour anticiper les conséquences de ces épisodes extrêmes sur les cultures, tandis que les élevages intensifs apparaissent particulièrement vulnérables. Derrière l’urgence climatique se dessine une faille plus profonde : des infrastructures et des modèles agricoles conçus pour un climat qui n’existe déjà plus. Et avec cette extension des canicules au printemps, c’est toute la stratégie d’adaptation qui doit être repensée.
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L’explosion des grandes fortunes devient un enjeu démocratique
Relayant l’audition de Gabriel Zucman à l’Assemblée nationale, La Relève et La Peste rappelle que la fortune des 500 familles les plus riches de France est passée de 12 % à 42 % du PIB en quatorze ans. L’économiste insiste sur le fait que ces patrimoines ne représentent plus seulement une accumulation de richesse privée, mais un pouvoir économique, médiatique et politique capable d’influencer les marchés comme les décisions publiques. Derrière le débat fiscal apparaît ainsi une question démocratique centrale : peut-on encore parler d’égalité politique quand une poignée de milliardaires contrôle une part croissante des médias et de l’économie ? La proposition d’une taxation minimale de 2 % sur ces patrimoines pourrait rapporter environ 20 milliards d’euros par an.
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Le modèle scandinave, entre mobilité forcée et efficacité économique
The Conversation démonte l’image d’une flexisécurité nordique « douce » et protectrice. Le système danois repose au contraire sur une logique de mobilité permanente, avec des licenciements facilités, un contrôle étroit des chômeurs et des investissements massifs dans l’accompagnement vers l’emploi. L’article montre surtout que cette organisation du marché du travail sert une stratégie économique plus large : accélérer les restructurations pour orienter plus vite la main-d’œuvre vers les secteurs innovants, notamment la tech et la recherche. Une autre manière de poser le débat sur la compétitivité, bien loin des caricatures françaises sur le « modèle social ».
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En Russie, la nostalgie soviétique comme faille du système Poutine
Dans une longue analyse publiée parLe Vent Se Lève, l’ethnologue Jeremy Morris explore la persistance d’une mémoire sociale soviétique dans la Russie contemporaine. Loin des clichés occidentaux sur une simple nostalgie impériale, l’auteur décrit surtout le regret d’un système où le travail, malgré ses contradictions, structurait des formes de solidarité collective aujourd’hui démantelées par le capitalisme russe. Cette « présence absente » nourrit à la fois certaines formes d’adhésion au pouvoir et un potentiel de contestation sociale encore diffus. L’article éclaire ainsi les contradictions d’une Russie où l’État et les entreprises tentent de recréer artificiellement des protections sociales minimales pour maintenir la cohésion d’une société fragilisée par la guerre et les inégalités.
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